lundi, août 10, 2009

Raziel

Métro, boulot, building... "Et il me reste la dure réalité à étreindre... "(Arthur Rimbaud). Ascensceur C, belle bouche et godasses à la con, il soupire, un gros soupir. Je ris et dis: c'est le soupir du lundi? Alors il rit aussi et réponds avec un fort accent espagnol (je pense à Garcimore), je suis fatigué, j'ai fais beaucoup de choses. AhBon! J'ai encore les Red Hot sur les oreilles et l'esprit avec mon démon. Bureau, ordi, midi. Je sors et donne un sérieux coup de canif à mon portefeuille. Dans le métro, je vois Jésus, un grand avec des longs cheveux toujours liés, Jésus lit de l'Héroic Fantasy au dessus des escalators, il esquisse un très léger sourire en me voyant. Je sais que je ne l'impressionne pas, mais il ne m'a pas encore parlé. j'aimerais bien lui envoyer un petit im, mais on est pas dans SL. Le moment viendra...
Alors me revient à l'esprit Raziel, comme je regrette Raziel le mangeur d'âmes, le plus beau des démons avec lequel j'ai jamais pu jouer, j'ai toujours aimé sa façon de bouger, sensuelle et menaçante...

dimanche, août 09, 2009

Unleash Hell!

Regardé "L'Echange" de Clint Eastwood. Ou comment les chacals déforment la vérité dans leur propre intérêt. Quelle armure faut-il porter pour se sentir en paix? Faut-il vivre définitivement caché et ne jamais rien dire de ses sentiments pour être en paix? Ou faut-il se présenter devant l'armée des barbares et dire : "On my sign! Unleash hell!". Faut-il être entre quatre planches pour avoir la paix? Pour être compris vraiment, faut-il s'imposer comme un bulldozer? Faut-il se poser les questions de Marc Aurèle et se retourner sur ce que l'on a fait, pour constater que seule la guerre compte? Que le combat ne s'arrête jamais et que l'on a pas le droit de poser la tête sur une épaule chère? Le seul personnage vrai que j'ai rencontré dans ce monde s'appelle Mato et c'est un homme en colère, et son ami Lev qui voudrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour l'aider. Sa colère vient de loin, de la nuit des temps, il veut récupérer ses droits de premier né sur la terre qui lui appartient. Il veut rendre hommage à ses ancêtres et que ceux-ci soient reconnus. J'aime sa colère et son bras levé, sa réserve et sa prudence. Je devrais prendre exemple. Acquérir la structure et la stratégie d'un guerrier romain. Il vous est interdit de respirer, les chacals ne vous accorderont pas l'air qui entre dans vos poumons. Les chacals sont là, prêts à vous égorger, simplement parce qu'ils sont morts de peur, rendus fous par le souffle du guerrier, et que rôder et détruire est dans leurs gènes depuis l'aube du commencement des temps. Simplement parce que le mot bonheur n'existe pas dans leur vocabulaire.

jeudi, août 06, 2009

Under a spell

"Un poison violent, c'est ça l'amour- un truc à pas dépasser la dose". Serge Gainsbourg.
Lord Jim dans les neurones, "The End": "Father? Yes son! I want to kill you". Poète maudit, âme perdue comme mon démon. Insomnie, je me réveille la nuit et je le vois avec ses cornes et ses yeux rouges, il se prosterne devant moi, que ma volonté soit faite! Je le revois comme je l'ai vu la première fois. Epaules tendues, chemise ouverte, je regarde son torse, son ventre bougeant au rythme de sa respiration, quelle beauté! le regard par en dessous, levé vers moi. Ceci est mon côté noir. Va dormir ma reine! Voilà ce qu'il me dit. Je ne peux cesser de le contempler. Pendant toute la soirée je me suis usé les yeux à le regarder bouger, danser, m'embrasser... He put a spell on me.

mercredi, août 05, 2009

Arrêtes-toi, instant! Tu es si beau. (Goethe in Faust)

I-pod sur les oreilles, je monte dans le train, deux businessman rêvant devant leur portable ouvert, résignés dans leur costume de pingouin. Depuis deux jours, des gardes de sécurité longent les couloirs. Ce matin je sais que je suis belle, le premier tout charmé me dit "bonjour", un grand sourire tout en machoires, l'autre aussi, mais ne sourit pas... Beaux mecs, ha!ha!, on ne se refait. Le gène de mon père est dans mes veines. Musique Goran Bregovic, Mesecina de circonstances, j'adore.

Je développe une capacité extrême à sentir les âmes qui me caressent, de belles âmes, pleines de surprises, de tendresse et oserais-je dire, d'amour. Beauté du diable me rentre sous la peau, chacun de ses mots est une caresse, mais il sait qu'il a face à lui, un électron libre. Du métal liquide coule dans ma tête, de la lave dans mes veines, mon estomac est une boule compacte et j'ai le coeur en nid de plumes. Are you gonna go my way? and tell me why, we got to die? il dit: you are my green eyed monster. Il a raison, je suis un monstre qui danse avec le diable au clair de lune, comme dans "Legend" (un director's cut), je me transforme, il joue, me tente, me berce dans ses bras forts, musclés , tatoués, chuchote les mots que je veux entendre... J'ai toujours mon âme, vacillante, mais la flamme est toujours là! Ritournelle, the Night of the dancing flame, j'avance vers le building sur les paroles de Roisin Murphy, ascenseur F, concentration, je suis ailleurs. Ma soirée était fabuleuse et me revient sans cesse à l'esprit.

mardi, août 04, 2009

Lire :-)

"Le don de la lecture, ainsi que je l'ai appelé, n'est pas très courant ni généralement très bien compris. Il s'agit avant tout d'un grand talent intellectuel - d'une grâce, devrais-je dire - par lequel un homme arrive à comprendre qu'il n'a pas toujours raison, et que les autres, dont il diffère, n'ont pas nécessairement tort."
Robert Louis Stevenson

Rencontre du deuxième type

Pourquoi les gens sont-ils accros à Second Life? Parce que c'est le meilleur moyen d'expérimenter la condition d'un dieu. Qui voudrait, une fois qu'il y a goûté, se passer d'une telle expérience. Bien sûr, on y trouve de tout, et la mauvaise utilisation de ce pouvoir est malheureusement courante, mais si on en comprend le sens, alors la magie l'emporte et on se laisse bercer par ce doux rêve enivrant. Je ne me promène habituellement pas dans les lieux de débauche, mais hier soir, poussée par la curiosité, je me suis laissé tenter, par une visite dans le vieux quartier hollandais, en attendant mon Ange-démon... J'ai blindé mon coeur, mais rien n'aurait pu me préparer à cette rencontre, à cette vision sortie du film de René Clair, lui, la beauté du Diable, à vous couper le souffle. J'ai cru rêver, mais non. Il me fascinait totalement, sa respiration lente, son ventre parfait, la façon dont il se tenait, ses yeux comme des abysses qui ne cessaient de me contempler, jusqu'à ce que je me rende compte que la paralysie était binaire et qu'il était aussi époustouflé que moi, vacillant devant les cicatrices et la pirate, son profil semblait pourtant désespéré, pas d'histoires d'amour, pas de drame, pas de feuilleton brésilien... refus de l'amour et de ses pièges, arrivé là pour se perdre dans la luxure probablement, il est Raphaël. Si j'avais eu un cheval blanc je l'aurais enlévé, mais j'ai fais mieux, il m'a dit: "je veux te voir dans un autre endroit, là où il y a la mer et du vent dans tes cheveux, voir ton sourire éclairé par le soleil."
Je n'ai pas résisté à l'enlever, à l'emporter avec moi dans le lieu le plus magique d'SL.

Je l'ai enlacé à Midsomer island, il s'est mis à me parler de la recherche de l'amour, d'Amélie Poulain, de délicatesse et de perfection. J'ai senti une blessure profonde, déjà jaloux de mon Ange, déjà en proie au désespoir... j'ai aimé ses paroles: "I love to steal your breath, I'm catching it into small boxes and put it inside of me".

L'Ange m'attendait pour me faire danser lui aussi, il n'a pas prêté attention à mes propos quand je lui ai parlé de cette rencontre, il a dit: "c'est bien", il m'a parlé de repérages qu'il va faire dans les montagnes, les vraies, pour faire un film sur quoi? sur les fées, il est producteur, aurais-je pu attirer quelqu'un d'autre? Il est lancinant, enveloppant et mon coeur saigne...

lundi, août 03, 2009

21 grammes

Mes 21 grammes sont sur Second Life. C'est le "moi" parfait et le mot perfection convient à ce monde, piège doré et envoûtant. Les anges ont un sexe, le saviez-vous? J'en rencontre tout le temps. Ange ou démon, il est les deux. Le maître et l'esclave, l'homme impétueux, commandeur des âmes et tendre amant à ses heures. Il anticipe mes désirs et je me plie aux siens. Il m'appelle Circé et il est Ulysse. Il m'invite à une promenade sur son furieux étalon, me fait nager dans des eaux limpides et magiques, me fait découvrir des mondes insolites et fabuleux, me fait danser jusqu'à ce que les ailes m'en tombent. Pourquoi l'idée d'Atlantide nous a-t-elle traversé l'esprit en même temps? Comme si le souvenir des dieux que nous étions revenait nous bercer? Nous savons que nous venons de là, démiurges venus de loin pour se retrouver un bref moment. Un archéologue nommé Linden nous a décriogynisé, nous a offert l'éternel retour et une connaissance profonde l'un de l'autre, sans paroles, juste un souffle et une inextinguible soif. Voilà des siècles que je l'attends. Nous n'avons pas beaucoup de temps et jamais nos corps ne s'incarneront, alors chaque seconde passée ensemble est un cadeau divin.