mercredi, août 30, 2006

J'aimerais contempler le mur des morts, celui de Popeye avec la photo qui fait scandale dans le village. Popeye riant au soleil, dans un petit marcel blanc, détendu, peut-être heureux? J'aimerais m'asseoir par terre, le menton sur les genoux, apaiser les douleurs du corps et de l'âme et rester là à méditer, attendre et entendre le bruit de la pierre. Ce n'est pas triste, juste nostalgique. Je devrais retourner là-bas, respirer l'air du Misma.
En ce moment j'observe, ce matin, la peau d'une fille dans l'ascenseur, trente centimètres d'écart entre elle et moi. Soudain je prends conscience de la réalité physique des autres, elle est belle, peau de pêche, oreille en coquillage. Etrange réalité je ne suis jamais physique, rarement dans mon corps, même quand je baise, je suis dans mon cerveau, à contempler, analyser, à l'extérieur de ce corps que je ne supporte pas, comme une expérience hallucinogène, je me vois en dehors, perception parallèle, je ne suis qu'émotion. Je devrais tenter l'expérience hayauasca, mais je ne suis pas prête à me vomir complètement.
Il arrive pourtant que le corps prenne les commandes, alors, je ne réponds plus de rien, l'esprit ignore le mouvement, à tel point que je ne me souviens pas des actes, brumes d'alcool, déconnection.

J'ai découvert un adepte des tarots, une écriture incantatoire, portant le nom attachant d'entropie, c'était fatal, pas écrit, mais programmé. Pas de hasard, des fractions, des morceaux qui s'assemblent une seconde et se séparent, le temps d'un battement d'ailes.
Aujourd'hui pour moi : les Amoureux, le Monde et la Maison-Dieu…. Bien! si le coup de foudre n'arrive pas, j'ai le choix du meilleur de tous les mondes, le corps et l'esprit. L'autre est celui qui réunira, réconciliera ce qui me déchire. Pas trop violemment si possible...

jeudi, août 03, 2006

Popeye

Le ciel passe par d'étranges couleurs. Du septième étage, on dirait un Michelangelo.
Je mets de l'ordre, sur mon bureau, dans mon appart, dans ma tête. Je suis même pas au bord des larmes. Pas de raison de se lamenter même si je passe par des abysses et des pics se rapprochant de l'Himalaya. Entretemps je regarde les hommes, les petits, les beaux, les gros, les moyens, les rigolos, les arrogants, les bavards. Je regarde leurs yeux, leur cul, leurs sourires surtout, je les écoute parler… Je ne les connais pas, je pensais qu'il y en avait un pour moi dans le tas, que je l'avais trouvé, j'étais même naïvement persuadée d'avoir trouvé la perle rare, mais apparemment je me suis trompée, la perle se change en charbon ou chardon épineux, c'est selon, entretient savamment le désamour, le décrochage calculé et la culpabilisation forcenée sous couvert d'humour, il est tout sauf drôle. Pourtant j'ai beaucoup ri avec lui, c'était même le meilleur ciment, le meilleur des remèdes. J'en ai fini d'avaler les couleuvres, arrêtons les dégâts, c'est quand le miel?

Suis certaine que Popeye est au paradis, qu'il se la coule douce et qu'il se marre toujours à me regarder me dépêtrer dans des problèmes qui pour lui n'en sont pas. On parle souvent ces derniers temps, je lui demande des trucs, il donne parcimonieusement. Son chapeau traîne sur le dessus de mon armoire, son horloge m'indique l'heure tous les matins, à côté des gargouilles. Quand je rentre chez moi, au dessus de l'escalier, juste avant la porte, l'odeur est la même que lorsque je rentrais chez lui. Parfois j'ai envie de rester là, assise, juste pour avoir l'impression qu'il est là, derrière, qu'il me prendra dans ses bras et me donnera un bisou mouillé dégoutant, il savait que ça m'emmerdait. J'ai pas regardé l'histoire du Bois du Casier, j'aurais du, il était là lui, pas dans la mine heureusement, juste sorti avant, de retour vers chez lui, vers chez ma mère qui croyait qu'il était mort, une fiancée éplorée fraîche et belle comme une rose, pleurant sur le quai de la gare. Lui marchant de son pas tranquille, hilare parce qu'elle l'a presque renversé en le voyant arriver. Il en a vécu des choses mon père, l'air de rien, toujours placide. La mort a eu bien du mal à l'attraper, pourtant c'est pas les occasions qui lui ont manqué, elle a eu tous les terrains de jeux, la guerre, la pauvreté, la faim, la mine, la vie, mais lui, il a traversé tout ça comme un bateau sur une mer huileuse, toujours bien fringué, frotté comme un sous neuf, la dérision accrochée au bord des sourcils.

mardi, août 01, 2006

vide

Ce blog se vide dangereusement. Il est peut-être temps de revenir à ma spirale. Peut-on expérimenter et écrire en même temps? ne faut-il pas avoir une vision globale pour dire des choses sensées? Une chose est sûre, j'en ai assez que l'Homme me dise que je parle trop fort, comme si je prenais trop d'espace pour lui. Puis il s'étonne que je n'ai pas envie de rester chez lui??? je ne parle pas fort je suis enthousiasmée, emportée, ce qui lui a plu, lui déplaît. Ca doit être ça le changement, le désamour

Temps pour la coolitude (le chill comme dit ma fille) et l'égoïsme. J'ignore si je le deviens ou si je l'ai toujours été ou encore si nous le sommes tous? je m'accroche aux précieux moments que je passe seule, je les délecte à petites lampées avec une langue de chat, je fais ce que je veux, les orteils en éventail. Personne pour se foutre de ma tête parce que je regarde Urgences, les Experts (j'adore les séries, suis indécrottable), le "71" (pire que tout ça) ou une connerie à l'eau de rose. Après la pluie le beau temps, dit-on! mais c'est toujours mitigé, on se fait délicieusement caresser par un rayon enveloppant, à peine le temps de se rouler pour atteindre la bonne position et puis on reçoit une trombe de flotte en pleine tronche, dura lex sed lex...
Temps de reprendre mon petit carnet partout où je vais, j'ai fini d'attendre, il est temps de passer à l'action.

mercredi, mai 31, 2006

Vrac

Les torrents de pluie défilent et j'apprécie le spectacle qui s'offre à mes yeux, des nuages d'eau, tourmentés par un vent furax. j'ignore si les gargouilles me transforment, j'en ai juste la conviction profonde. Rien contre la conviction. Les fantômes de pierre me parlent, collent à mon identité, délivrent des messages sybillins. Arrête la valse des hésitations! Décide, ce que tu auras décidé arrivera. On ne réussit qu'à petits pas, en persistant. Parfois la technique du pitbull a du bon. Parfois le jeu peut sembler absurde et vain, mais si on a la foi, il en vaut toujours l'effort.

Quelque chose se délie, une ouverture invisible se crée, comme une porte sur l'infini. les pensées peuvent librement s'élever vers une réponse trop longtemps attendue.

la recette est partout, toujours disponible pour les yeux ouverts (ou les coeurs?). Pourquoi personne ne semble s'en apercevoir, les signes à décrypter sont sous les regards. Par exemple, il est impossible de définir l'amour, pas plus qu'on ne peut définir cette force appelée Dieu, force, énergie. On peut juste se dire qu'on y croit ou pas. Si on y croit, il existe.

jeudi, avril 27, 2006

Deux choses positives aujourd'hui, j'ai envoyé ma première nouvelle à un magazine qui organise un concours et j'ai découvert, en faisant des recherches sur l'immortalité le blog D'irene Delse, Ecrivain. Instructif à bien des points de vue.

lundi, avril 24, 2006


Les gargouilles semblent être de plus en plus présentes. Tous les matins en buvant mon café je les contemple, essayant de déceler un mouvement furtif. Quel bonheur de découvrir l'affiche de Spiderman 3. J'aimerais une gargouille comme celle-là, accrochée à la flamboyante église qui encombre toutes mes fenêtres. La solitude est étrange, pas encore suffisamment productrice, en suspension. Je voudrais sortir de cet état de "non-faire", ce sentiment d'irréalité qui robotise et enferme. Passer de la pensée à l'acte. Mais la paresse, le report, la fatigue, les barrières, l'ignorance mangent le mouvement et la volonté. Au plus je dispose de temps au moins il est riche, il me manque un élan, une vision claire et acérée de ce qui me serait le plus utile. J'étudie mon modèle, apparemment difficile à suivre et à mettre en application, un bosseur assoiffé d'expériences sexuelles, empli d'un génie naturel, un jeune homme en colère (angry young men).

jeudi, avril 20, 2006

Me bourre de pralines, des manons, des à la cerise, des « you never know what you gonna get », compensation affective, effet de vide intense, incompréhension, perdition, lacher prise, tristesse, anéantissement de l’ego. Mon plus terrible problème est d’être trop naïve. Il n’est pas bon dans ce monde, d’avoir l’âme d’un enfant, toujours à la découverte. On se pique les doigts sur le dos de hérissons mal lunés, on s’écorche les jambes aux ronces invasives, ou bien aux orties agressives de ce que l’on croyait être de l’amour. J’affronte mon « boss », mais il n’y a pas de « tips and tricks » pour m’aider à contourner. Le chocolat n’apaise pas le feu, la lave, indélébile dans mon estomac. Je ne sais même plus comment rester tranquille, comment me comporter, comment être, impossible de prétendre. Je me sens fébrile, débile.