dimanche, janvier 30, 2005

Clarck

"Frankly my dear, I don't give a damn!"
aujourd'hui le Rhett Butler de mon coeur est parti.
Ce matin, en silence, il a du prononcer cette phrase. la dernière fois que je lui ai parlé il m'a dit: "salut ma poule! tu vas bien?", j'ai répondu: "salut tonton et toi?" et ça m'a vraiment fait chaud au coeur. Ce qui me console c'est que je sais que Popeye l'attend avec un verre de grappa et un gros cigare, ou peut-être un petit cognac, qu'ils vont bien rire en repensant à leur jeunesse, à comment ils étaient beaux et fiers, tout était à prendre et ils ont pris. En se trompant, comme tout le monde, en faisant des choses justes, comme tout le monde, en aimant, pas comme tout le monde.

Mon Clarck Gable laisse derrière lui une famille plus qu'impressionnante, mes cousins que je ne vois presque jamais. Si on était pas en Belgique, je dirais qu'ils ont des allures d'irlandais frondeurs, cathos et courageux, buveurs intègres. J'aimerais pouvoir dire à ma mère, à ma maman, reste au moins 24 heures dans mes bras et ne bouge pas de là, je sais que c'est ton grand frère qui part et j'imagine ce que tu ressens, même si je n'ai jamais eu de grand frère.

Je l'ai vu vivre et appliquer à la lettre ce fameux "sens du devoir" qui vous brûle, je l'ai vu l'appliquer avec une légereté désarmante, comme si il n'en ressentait pas le poids. je l'ai vu être toujours là quand il le fallait et pour tous les gens autour de lui, sans juger, sans se départir de la joie permanente et de la gourmandise qu'il avait de la vie. On ne fait pas sept enfants, plus les petits des petits qu'on prend en charge, si on aime pas la vie.

Maintenant il tape la carte autour d'une table spéciale, Maria essaie bien de le regarder sévèrement, mais la sévérité n'est plus de mise, Céline lui offre une guiness avec un grand sourire et une tape dans le dos, Jean senior à ses cartes en mains et l'incite à jouer, lui c'est un bluffeur, c'est lui qui m'a dit un jour : quand tu joues au poker, tu ne peux rien laisser voir sur ton visage à tes adversaires!" (j'ai suivi le conseil, puisque la vie n'est qu'une partie de poker), même le mouton noir est là, Dodo la débrouille, celui que ce fameux “sens du devoir” n’a pas étouffé. Et puis il y a quelques pigeons qui volent autour d'eux. Jean Junior alias Clarck, aime les pigeons, les amis, les cartes et les bons petits cognac… Aujourd'hui son âme s'est envolée avec le coeur d'un de ces pigeons voyageur et zélé qui l’emporte dans le vent.
j'aurais juste aimé l'entendre dire: "Salut ma poule, à la revoyure! la moustache relevée sur un sourire carnassier et enjoleur, juste comme Clark Gable...

vendredi, janvier 28, 2005

Douglas & Douglas

"... C'est ce qui rend la vie si pourrie, parfois, cette accumulation de déceptions et de souffrances, petites ou grandes. Mais ceux qui ne baissent pas les bras (et tu fais partie de cette catégorie, mon coeur, aucun doute la dessus) finissent par trouver comment survivre avec la douleur. Parce que bon, c'est intéressant, la douleur. Essentiel même. Ca donne une signification aux choses. Et aussi c'est la raison pour laquelle Dieu a créé la gnôle."

Cette juste phrase de Douglas Kennedy m'habille assez bien, c'est comme la théorie de l'élastique ou de la corde de guitare, elle revient toujours à son point de départ, les théories, c'est ce qui me reste à développer. Les meilleurs textes arrivent toujours quand on a rien sous la main, ni bic ni papier, pas de clavier, même pas un bout de craie pour faire éclater la lumière, le trait de génie à jamais perdu dans les limbes. Rien à faire, j'ai le goût du bonheur, au moins je sais comment me coller à lui quand il passe. Au moins je serai toujours une indécrottable de la vie...

mercredi, janvier 05, 2005

J'ai faim, ça faisait longtemps que j'avais plus eu faim. Elle m'a dit : "écris!", alors j'écris. Vous là dehors, dans ce monde que je ne connais pas, merci! Pour les commentaires et les élans du coeur ou de l'esprit. La vie me fait des signes gros comme des maisons, mais je suis parfois tellement centrée sur mon nombril que j'en oublie de regarder dehors, les âmes qui courent à ma rencontre. Cette année va briller, simplement parce que je le veux. On ne soupçonne pas assez l'effet de la volonté, mais il est parfois difficile de s'asseoir ailleurs et de contempler les choses avec des yeux nouveaux. La souffrance fait partie de la vie, sauf que parfois elle me donne le hoquet, elle me met en colère, je deviens un pitbull hargneux (il parait que ce n'est pas séduisant), m'obstine à vouloir l'inaccessible...

dimanche, janvier 02, 2005

La souffrance me rend aphone, la méchanceté calculée, dirigée, me laisse sans voix. Les jours passent, tous pareils à eux-mêmes, pas un qui ne ressemble à l'autre, et chaque soir le même scénario se répète, inlassablement. J'ai cessé de rire et le mot joie n'a plus de signification pour moi. Lentement, je me laisse détruire en me disant que je paie un forfait dont je ne me souviens pas bien. On me renvoie le mépris dont j'ai, soi-disant abreuvé l'autre. Tous les jours je me dis: il faut que je sorte d'ici, il faut que j'arrête de servir de souffre-douleur à quelqu'un qui n'est plus possédé que par la haine et le mépris de soi. Que celui qui n'a jamais péché, me jette la première pierre. il est un cauchemar dont il faut que je me sorte, il est urgent de se réveiller...

lundi, novembre 08, 2004

Le reve du loup

Les rêves parfois, m'emballe trop fort. Je voulais m'installer devant la télé, regarder Bacri et Emilie Duquenne, dans "Une femme de ménage", mais je vois des roses partout. J'ai des conversations avec des gens qui marchent à l'envers, ça met du chaos dans l'âme. Impossible d'écrire mille pensées à la fois, c'est un flot indomptable, un mot saisi ici et là, des secondes magiques. Dans ce rêve virtuel on ne rencontre que des esprits, un peu comme au paradis, mais on est souvent déçu par la réalité des corps et de la chair, on a peur de décevoir et de n'avoir que cette enveloppe à présenter. Je sais que la danse me transforme, qu'elle éblouit, c'est la tribu que j'ai en moi, qui tout à coup fait surface et séduit, détachée de ma volonté, un éclat sauvage qui ne parle que d'instinct, une louve de l'autre côté de la rive. Cet animal est présent, depuis que j'écris, depuis longtemps, même si c'est présomptueux, c'est ce que je ressens, c'est le regard que je donne parfois, je rêve tout haut...

mercredi, novembre 03, 2004

J’ai le cœur qui fait des petits bonds et pas envie de travailler, après 4 jours de congé à me plonger dans « Civilisation III », je n’ai plus pied dans la réalité, au moins, je cesse de penser, je dors bien, l’activité trépidante a cessé dans mon crâne, maintenant je peux reprendre mes réflexions.
Après les mails de Frank D à propos de mon blog, j’ai les ailes qui poussent et qui cherchent le soleil (nan, mon nom n’est pas Icare !).
« Solid » est le mot qui pourrait exprimer mon état d’esprit actuel, j’avance… Il y a encore quelques tiraillements vers l’arrière, des mauvaise habitudes à éliminer, mais j’avance (nan, pas comme un âne !), l’horizon s’ouvre à nouveau. Il peut toujours s’ouvrir. Souvent quand on vieillit, on pense que l’univers rétrécit, jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est seulement notre esprit qui devient plus petit, engoncé dans ses habitudes et ses routines, ses mécanismes erronés. Pas toujours évident de changer, d’ouvrir, parce qu’évidemment, ça ne se fait pas sans douleur, et la douleur personne n’en veut. Pourtant, comme dit ma théologienne de copine : « on doit tous morfler pour comprendre, c’est dommage, mais c’est la seule manière d’apprendre ». Qu’est-ce qu’elle m’a fait rire ce jour là.

vendredi, octobre 29, 2004

J'ai les hormones qui se mélangent, ça fait chaos à l'intérieur et résonne dans les deux hémisphères. Je déshabille les peurs jusqu'à les voir bien clairement, y en a qui sont insidieuses, on croit qu'on a pas peur, puis si, on l'avait pas vue. Ca se planque bien ces petites bêtes là. Je pèle, je comprends de plus en plus de choses avec mon ventre, enfin c'est là que je sens et que j'écoute. Je retrouve invariablement Colin Wilson sur mon chemin. Faudrait vraiment que j'aille faire un petit tour en Cornouailles, tant qu'il est encore vivant, tant qu'il reste une chance de le rencontrer et de discuter avec lui. Fait longtemps que ça traîne. Mouvement à mettre en action. Le désir ne doit pas être assez brûlant. J'avais commencé une lettre : "Dear Mr Wilson...". J'ai pas été plus loin, encore une tite peur à évacuer.