vendredi, janvier 30, 2004
Je marche sur l'eau, j'effleure en toute bonne conscience, la surface des choses et des gens. J'ai essayé de ne jamais regarder vers le bas, mais j'ai les yeux irrésistiblement attirés vers les mondes d'en bas. Je sais qu'un jour, il faudra que je plonge. Je pense que ce jour est arrivé. Plonger au coeur de l'eau noire, voir les êtres parallèles, appeler les sirènes d'or qui me feront progresser vers la "Faculté". Je sens qu'ils m'attendent, qu'ils ont des choses à me dire. A la surface de l'eau, on est comme dans un mauvais programme, buggé dès le départ, inconscient de ce qui se cache dans la vase des abysses et qui peut devenir lumineux. Depuis peu, j'ai attaqué la Kabbale, sans conviction, je ne me vois pas faire des incantations de sorcière et attirer les créatures des frontières, celles qui sont laides, non! Je voudrais devenir une vraie magicienne. Mon rêve est là, lancinant, il m'appelle. De temps en temps ma vue me trahit, et je crois voir courir, au détour d'un buisson, un petit elfe farceur, je chasse cette vision, vite, d'un geste de la main, en faisant :" bah !". J'entends une pierre qui me parle : "va au profond, élucide le mystère !", et me couvre les oreilles des deux mains. Lasse, je regarde le ciel et j'y vois la forme d'un "11" se dessiner lentement. Les signes sont probants et je me demande si c'est pareil pour tout le monde ?
Nan!nan je laisse tomber personne, c'est juste que je sais plus où donner de la tête. D'abord mon boss veut que je travaille bien, (ben ouais, je peux le faire quand je veux) , pis je passe deux concours là, faut que j'étudie... En plus j'ai décidé d'écrire un bouquin (j'enverrai le manuscrit dans neuf mois à ceux qui me donnent leur adresses dans mon mél), oui , c'est une promesse, je l'ai promis à mes filles... Avec tout ça, faut rester une bonne épouse, une bonne mère et une bonne femme. Faut pas croire, mais la vie des femmes n'est pas simple, on devrait parfois pouvoir bénéficier du don d'ubiquité et de femmes de ménages pour repasser (je déteste repasser), pourtant j'ai essayé de méditer, de regarder la télé en même temps, mais c'est toujours aussi ennuyeux... Veuillez chers lecteurs et amis, excuser mon absence un peu trop longue, j'essaierai à l'avenir, de revenir plus régulièrement. Bisous
dimanche, janvier 04, 2004
Le corps et la chair sont séparés depuis longtemps. Sur la Piazza San Marco, s’édifie la séparation spirituelle, ici, maintenant…
Le mépris s’installe, la vision change, l’amour n’a plus de saveur, cesse presque d’exister. J’en suis responsable, j’ai inconsciemment provoqué cette cassure me laissant porter par mon côté sombre et rageur.
A Venise, je suis inapte à l’écriture. Alors que l’Art, l’esthétisme me submergent, je suis incapable de produire une phrase palpable, belle, pourvue d’un sens, une phrase que j’aurais aimée plus lourde que le plus beaux des brocarts vénitiens.
Ici, je m’ennuie de mes enfants, de mes amarres. Je me saoule à la grappa, pour oublier que je suis une handicapée de l’amour et de l’écriture. Pour oublier que je ne suis qu’un petit être vil et laid, sans but, sans générosité, un petit gobelin ricaneur et méchant.
Ici, j’amasse une richesse encore incomprise. Sous le soleil glacial, j’étouffe d’égoïsme, dans cette cité suspendue dans le temps, mais aussi je meurs d’envie, de frustrations. Ville maudite où les tentations sont constantes, où j’aimerais tout posséder.
Mais ici, et pour la première fois depuis trente ans, me revient l’envie de reprendre couleurs et pinceaux et de recommencer à chercher à travers eux, une réponse à cette vie, et à cette mort qui se rapproche.
Je n’ai toujours pas fais le deuil de Popeye, il est partout et j’ai toujours autant besoin de lui, de savoir qu’il est là et que je peux fondre dans ses bras, même quand je deviens un petit gobelin ricaneur. Mes caprices incompris étaient sa délectation. Il pouvait combler le vide qui tout à coup m’emplissait, à coup de gueules et de moqueries. En fait, sa présence suffisait à combler le manque innommable, cette partie noire de ma pauvre nature.
Depuis qu’il n’est plus là, je suis à chaque seconde, la victime du diable. Ce diable que j’aime malgré moi et qui parfois prend possession de ma cervelle.
Je cherche toujours chez les autres, les parcelles de richesse et de lumière, mais trouve tant de pauvreté, de fadeur que je me désole, me disant que je suis comme eux…qu'ils ne sont qu'un miroir.
Pourtant je vois, dans le fond de ce verre de grappa, les reflets d’une chatoyance perdue, un velours noir qui s’est lustré au fil du temps, perdant petit à petit l’éclat de son histoire. Je suis persuadée que la richesse intérieure ne peut pas disparaître, on a juste pas les yeux pour la voir.
Ici, je ne vois que ma médiocrité et celle des autres. Je ne vois qu’un petit échange obséquieux avec un baphomet de pacotille.
Venise est une ville de fantômes, de sorcières, de fées et de chevaliers jaloux, coupeurs de têtes…
Le mépris s’installe, la vision change, l’amour n’a plus de saveur, cesse presque d’exister. J’en suis responsable, j’ai inconsciemment provoqué cette cassure me laissant porter par mon côté sombre et rageur.
A Venise, je suis inapte à l’écriture. Alors que l’Art, l’esthétisme me submergent, je suis incapable de produire une phrase palpable, belle, pourvue d’un sens, une phrase que j’aurais aimée plus lourde que le plus beaux des brocarts vénitiens.
Ici, je m’ennuie de mes enfants, de mes amarres. Je me saoule à la grappa, pour oublier que je suis une handicapée de l’amour et de l’écriture. Pour oublier que je ne suis qu’un petit être vil et laid, sans but, sans générosité, un petit gobelin ricaneur et méchant.
Ici, j’amasse une richesse encore incomprise. Sous le soleil glacial, j’étouffe d’égoïsme, dans cette cité suspendue dans le temps, mais aussi je meurs d’envie, de frustrations. Ville maudite où les tentations sont constantes, où j’aimerais tout posséder.
Mais ici, et pour la première fois depuis trente ans, me revient l’envie de reprendre couleurs et pinceaux et de recommencer à chercher à travers eux, une réponse à cette vie, et à cette mort qui se rapproche.
Je n’ai toujours pas fais le deuil de Popeye, il est partout et j’ai toujours autant besoin de lui, de savoir qu’il est là et que je peux fondre dans ses bras, même quand je deviens un petit gobelin ricaneur. Mes caprices incompris étaient sa délectation. Il pouvait combler le vide qui tout à coup m’emplissait, à coup de gueules et de moqueries. En fait, sa présence suffisait à combler le manque innommable, cette partie noire de ma pauvre nature.
Depuis qu’il n’est plus là, je suis à chaque seconde, la victime du diable. Ce diable que j’aime malgré moi et qui parfois prend possession de ma cervelle.
Je cherche toujours chez les autres, les parcelles de richesse et de lumière, mais trouve tant de pauvreté, de fadeur que je me désole, me disant que je suis comme eux…qu'ils ne sont qu'un miroir.
Pourtant je vois, dans le fond de ce verre de grappa, les reflets d’une chatoyance perdue, un velours noir qui s’est lustré au fil du temps, perdant petit à petit l’éclat de son histoire. Je suis persuadée que la richesse intérieure ne peut pas disparaître, on a juste pas les yeux pour la voir.
Ici, je ne vois que ma médiocrité et celle des autres. Je ne vois qu’un petit échange obséquieux avec un baphomet de pacotille.
Venise est une ville de fantômes, de sorcières, de fées et de chevaliers jaloux, coupeurs de têtes…
Immersion dans la beauté de la ville hors du temps, Venise, grand théâtre à ciel ouvert. Je marche avec allégresse de petites rues en traghetti, si petites que l’on sent le souflle des gens que l’on croise.
Traghetto Santa Sofia, on prend la gondole, celle du passeur des enfers pour aller vers le marché aux poissons et légumes… Abondance de couleurs et de parfums, les étals dégueulent monstres marins et araignées encore vivants, les tomates, salades et fenouils font de l’oeil aux passants agités… J’éprouve une jouissance infantile à me promener de l’un à l’autre, à contempler les seiches noires et gluantes, ou les artichauts que j’imagine mijotant déjà dans un bon risotto.
Je respire, espérant mémoriser, dans mon nez et mes poumons, les odeurs fortes ou subtiles…
Traghetto Santa Sofia, on prend la gondole, celle du passeur des enfers pour aller vers le marché aux poissons et légumes… Abondance de couleurs et de parfums, les étals dégueulent monstres marins et araignées encore vivants, les tomates, salades et fenouils font de l’oeil aux passants agités… J’éprouve une jouissance infantile à me promener de l’un à l’autre, à contempler les seiches noires et gluantes, ou les artichauts que j’imagine mijotant déjà dans un bon risotto.
Je respire, espérant mémoriser, dans mon nez et mes poumons, les odeurs fortes ou subtiles…
lundi, décembre 22, 2003
dimanche, décembre 21, 2003
Jour 7, sans craquer, le jour le plus court, fête de l’hiver. Pas d’inspiration, qui semble s’être envolée avec la fumée de mes EX cigarettes. J’ai un drôle de truc avec mes dents et la cervelle qui coince comme un disque rayé, se répétant inlassablement la même phrase. Me suis réveillé à trois heures du mat, et j’ai essayé de me rendormir en me racontant, visualisant des fantasmes érotiques (sans cigarette), si possible au Danieli… Quand je n’aurai plus envie de fumer, j’écrirai le prochain Harry Potter pour grands…
mercredi, décembre 17, 2003
Hier matin, j’ai démoli l’étagère de la salle de bain, je ne m’en étais même pas rendu compte. C’est seulement ce matin en soulevant un essuie de bain que je l’ai vu. Le premier étage (en métal), plié en deux, et drôlement bien plié, pfiouw… L’explication : je ne fume plus depuis dimanche soir. Mon toubib m’a dit, c’est bizarre, vous devriez être plus calme, amorphe même !
Ben non, je suis pas calme du tout, tellement pas que j’ai eu une envie irrépressible et surtout incontrôlable de m’acharner sur… euh ! quelque chose, pour ne pas dire quelqu’un, le tout en pleurant de rage. J’imaginais pas que le manque de nicotine pouvait mettre les gens dans un état pareil, enfin moi, c’est l’effet que ça me fait. Finalement, heureusement que je ne suis pas héroïnomane, je deviendrais carrément "mass murderer"… Déjà que j’ai vu dans les petites annonces, qu’on pouvait acheter un flingue, Pistolet Walther P22 Calibre 22 LR, pour tir sportif, en parfait état, très peu utlisé (acheté il y 2 ans), avec 2 chargeurs et boîte d'origine. 200 €…
Amazing isnt’t it?
Ben non, je suis pas calme du tout, tellement pas que j’ai eu une envie irrépressible et surtout incontrôlable de m’acharner sur… euh ! quelque chose, pour ne pas dire quelqu’un, le tout en pleurant de rage. J’imaginais pas que le manque de nicotine pouvait mettre les gens dans un état pareil, enfin moi, c’est l’effet que ça me fait. Finalement, heureusement que je ne suis pas héroïnomane, je deviendrais carrément "mass murderer"… Déjà que j’ai vu dans les petites annonces, qu’on pouvait acheter un flingue, Pistolet Walther P22 Calibre 22 LR, pour tir sportif, en parfait état, très peu utlisé (acheté il y 2 ans), avec 2 chargeurs et boîte d'origine. 200 €…
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