jeudi, avril 29, 2004

Trop étonnée de la synchronicité des événements, j'en ai oublié la syntaxe et la musique des mots, trop de “que” partout, dans le texte d'hier. Une foule d'idées contradictoires s'entrechoquent dans mon esprit, me laissant perplexe, indécise quant à la direction des choses à coucher sur le papier.
Les mots sont comme des poissons glissants, ils m'échappent, me reviennent tout argentés de douceur, mais cette écriture ci, sur ce blog, se crée dans l'instant, presque pas de réflexion, juste une pensée qui coule, j'en suis toujours à appeler la structure avec ferveur, elle vient doucement quand je suis en dehors de ce lieu facile.

mercredi, avril 28, 2004

Il y a parfois, des matins maudits, ou magiques. Ce matin ressemble à une croisée de grands esprits. J'ai entamé hier, la lecture enchanteresse de la Nuit de l'Oracle, Paul Auster me ramène de façon abrupte à la soif d'écrire, l'envie de m'asseoir à une table, devant mon portable, et de me laisser aller, sans plus penser à rien d'autre, qu'à remplir cette page blanche avec des mots.
Ce n'est que lorsque j'arrive à la librairie que j'apprends qu'Hubert Selby Junior est mort hier, j'achète le Libé et lis :
“ Hubert Selby mourait souvent. Mais il revenait toujours, arborant son beau sourire, et ses yeux bleus si pleins de vie. Cette fois-ci, il ne reviendra pas. Mes saints sont toujours sortis de l'enfer, et à présent, après sa disparition, il n'y a plus de saints. Le monde a changé. Hier, tandis qu'il agonisait, le ciel d'ici, à New York, était noir et gorgé de pluie. Aujourd'hui, il a retrouvé la couleur de ses yeux à lui....”, le petit article continue, il est signé Nick Tosches...
Si ce n'est pas un message synchronistique, alors jamais plus je ne recevrai de signes. Selby est le premier homme de ma vie, il m'est arrvé en plein coeur avec son “Démon” de malheur. ( Easton Ellis n'a rien inventé, Selby l'avait fait avant lui). Auster est venu plus tard, s'avançant doucement, à pas nonchalants, atteignant sans en avoir l'air, ma cervelle et l'organe qui me sert aujourd'hui de coeur. Ce n'est que très récemment que la rencontre violente avec Nick Tosches a eu lieu. Ca va, j'ai compris, maintenant que mon cerveau est libéré des entraves (études, examens, etc.), je peux à nouveau me plonger dans les mots et les images. J'irai voir “Kill Bill 2”, dans les jours qui viennent.

mardi, avril 27, 2004

Zed is dead babe, Zed is dead!
Je bouffe du brou de noix, amer je vous le dis! Sortie d'un long tunnel, enfin presque, je ne vois pas encore la lumière, mais je sais qu'elle est là. Faut-il s'accrocher à ses illusions? faut-il laisser tomber et ne plus rien espérer. Mais arrêter d'espérer, c'est un peu comme mourir, non? Si on attend plus rien, à quoi bon continuer? Il y a juste les rails sur lesquels je me suis engagée... Je crois que je vais aller m'acheter le dernier Paul Auster. J'ai rêvé un jour!

mercredi, avril 14, 2004

Im not the one I thought I would be... Lonesome cow girl!

jeudi, mars 25, 2004

Il serait préférable d’apprivoiser plutôt que de tuer, d’aplanir au lieu de couper. J’aime cette sœur qui m’a défendue tout au long des années vachardes, je ne peux donc raisonnablement pas la tuer.
Le moine m’aide à faire le tri, à voir dans mon cœur, à regarder flotter les mauvaises pensées et à les suivre des yeux lorsqu’elles s’en vont, à savoir d’où elles viennent. Sur les cendres, il faut reconstruire, s’inventer un phoenix doré et joyeux.

mardi, mars 23, 2004

Raziel était beau et puissant. Il se nourrissait impunément du sang de ses victimes, sans se soucier de leurs cris et de leur souffrance. Il était le premier de sa race à expérimenter de nouveaux pouvoirs, à inventer, à créer. Rien ne lui résistait… Mais sa chance et sa fierté, son orgueil démesuré, ont attisé la jalousie de Kane. Kane le chef des vampires, supposé être leur Dieu à tous. Le jour ou Raziel s’avança vers Kane en lui disant : « regarde, Maître, voici le pouvoir qui mettra notre race au dessus de tous », et déploya sous son regard, une superbe paire d’ailes moirées, Kane ne le supporta pas, c’était lui qui devait montrer le chemin et non cet arrogant à qui tout semblait destiné.
Pour se débarrasser de Raziel et le punir, il le précipita dans les éternels abysses de feu, pensant ainsi en finir avec son capricieux élève.
Le feu fit son travail, mais Raziel revint à la vie sous une autre forme, le visage défiguré et les ailes en lambeaux, seulement reconnaissable à la puissance de ses mouvements, à cette façon sensuelle qu’il avait de se déplacer, gracieux comme un fauve.
Dorénavant, il ne se nourrirait plus du sang, mais des âmes de ses victimes, cherchant à retrouver ses frères et Kane, pour les affronter tous.

Mes ailes sont calcinées, je sens l’odeur âcre qu’elles dégagent. Debout, au bord du précipice qui pourrait m’engloutir, je regarde le fond, fascinée par le magma. Mon corps n’est que souffrance, mon esprit une éclaboussure qui encombre et mon cœur est à nu, on peut le voir, rouge et meurtri. Autour de moi, tout est désolation et fumée. Plus rien ne sera comme avant, je n’ai qu’une pensée en tête, il faut que je tue ma sœur bien-aimée, cette furie violente, aussi froide que le marbre de Rome, celle qui m’a protégé de tout, y compris de moi-même. Celle qui a mis dans mon cœur le goût de la vengeance et le mépris des autres. Celle dont l’orgueil étouffant détruit mes cellules, à petit coup de pensées pointues. Celle qui m’a bercé de mensonges égoïstes, mais consolé aussi des misères agressives, la soeur qui m’a permis d’être forte lorsque les autres me mettaient en quarantaine, elle toujours, qui leur faisait peur et leur glaçait la sang, me laissant ricaner, me gausser de leur petitesse. Difficile! Opération périlleuse que celle d’abattre une guerrière, entraînée à tous les combats. J’envisage le poison ou la surprise, j’aimerais avoir le courage de lui couper la tête d’un coup de sabre, sans remords. Mais je l’aime, c’est elle qui me vêtit de cette armure d’acier, étincelante et pure… Qui me protégera, lorsqu’elle ne sera plus là, qui ?

Have more fun!!! Playstation 2!

mercredi, mars 17, 2004

Je me sens petite, moche, insignifiante, blessée, vulnérable, en colère, en tristesse, en guerre, en paix, aveugle, mon corps n’a plus d’existence propre, mon âme se barbouille de ressentiment, je me lève tous les jours en me disant « the show must go on », mais je ne vois pas bien pourquoi je dois jouer dans le show, je suis un pur robot, je ne veux plus rien sentir, je ne veux plus aimer, je veux devenir un moine, seule à méditer au fond d’une cellule blanche. Satan, mon plus proche ami, prend pitié de la misère qui me bouffe ! Je suis prête à te vendre cette âme barbouillée pour avoir un cœur léger, libéré de son enchaînement douloureux. Je veux des semelles de vent, pas ce boulet qui me trahit. Je veux marcher en sautillant, pas avec cette tête basse, d’un pas lourd, proche de celui d’un éléphant. Moi qui n’était que vie, je m’approche de la mort, elle me semble de plus en plus attrayante… A quoi bon continuer à vivre le mythe des Danaïdes ou celui de Sisyphe, la réponse à mes questions est probablement de l’autre côté, dans cet au-delà mystérieux. Peut-être n’y a-t-il pas de réponse, mais alors ce sera le néant et dans le néant salvateur, plus rien n’existe, même pas la souffrance.