Rituel Playstation, pas concluant, on s’est fait un petit ballet chez le libraire, je passe devant, on fait semblant de pas se voir, je descends, il suit, il met ses lunettes, et m’ignore, ça m’exaspère, il gagne du terrain, j’aime pas ça, je replonge dans Morvern Callar:
« … les deux autres me fixent du regard et alors je soupire un bon coup puis je lance : moi vous savez, si j’écris des bouquins c’est à cause du style de vie qui va avec, voilà. Un écrivain ça reste là à fumer et à tourner en rond pour trouver l’inspiration. C’est un style de vie qui a plein d’avantages pour moi, vachement plus que de bosser dans un supermarché à se lever le matin quand ça pèle en se disant qu’y a encore trente neuf ans à tirer avant la retraite. Alors quand on écrit on peut faire cinq minutes de pause, aller voir par la fenêtre, se faire un café ou prendre une douche.
Ils se penchent tous les deux en avant en faisant oui de la tête. Je propose des cigarettes mais ils fument pas. Je m’allume une Silk Cut avec le briquet plaqué or. »
Voilà, et c’est comme ça tout le temps, complètement inconsciente la Morvern, elle me fascine, pas de questions existentielles, ce qu’elle veut, elle prend ou jette et arrange choses et événements comme elle l’entend. Je vais le terminer aujourd’hui, après y aura comme un vide qu’il faudra que je comble, je sais pas encore comment…
jeudi, juillet 03, 2003
mercredi, juillet 02, 2003
J’ai passé l’heure de midi dans le monde de Morvern Callar, une écossaise déjantée, avec un genou phosphorescent, qui boit du Southern Comfort Limonade (comme Janis?) et qui n’a vraiment peur de rien. En fait, au plus j’avance dans le récit, au plus ça me fait penser à du Caldwell ou du Steinbeck, version scottich et contemporaine. Agréable d’être transporté ailleurs, de ne plus voir les murs gris et les immeubles d’en face, d’oublier l’autoroute et le métro en bas. Ca me met en manque de musique aussi, envie d’entendre des nouveaux trucs, d’acheter le dernier Goldfrapp, vu la chanteuse qui à l’air d’une poupée de cire. Morvern écoute The Can, This Mortal Coil, Cocteau Twins, des vieux souvenirs…
Depuis trois jours, chaque fois que je me lève pour faire quelque chose, j’oublie ce que je voulais faire, faut que je revienne à mon point de départ pour me souvenir. Temps que je reprenne mes vitamines. Comme je disais hier, aujourd’hui est un autre jour. Je n’ai pas encore vu mon corbeau, mais j’ai vu Playsation, je m’étais préparée à ne pas le voir de toutes les vacances, vraisemblablement, il n’est pas étudiant. Tout à coup, à la librairie, une ombre derrière moi, quand je me retourne, il regarde en l’air, je paie mon paquet de Camel et je descends vers le quai, forcément, il me suit quelques secondes plus tard, je le regarde… Aujourd’hui, Playstation me fait un petit signe de tête et me sourit, alors je le lui renvoie, comme un miroir. Miroir est le terme exact, je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression qu’on est semblables. Depuis le début, son visage m’est familier, et quand je dis familier, je pense à ma famille (Paolo, Lorenzo…), le frère que je n’ai jamais eu. J’ai envie de lui demander si il n’a aucun message étrange à délivrer ? Je veux dire un message qui lui semblerait étrange, mais qui serait clair pour moi.
On est assis là, pendant huit longues minutes, je fantasme, je me vois lui donnant l’adresse de ce site, ce serait facile, rien à dire, juste un petit papier à pousser vers lui et il saurait tout. Puis, je me demande si il se passe la même chose dans sa tête ou si c’est juste moi qui me monte le ciboulot toute seule ? Je souris, je ne peux pas m’en empêcher, de temps en temps, je jette un regard vers lui, lui aussi mais pas en même temps, je le sens ! Le métro débouche et on avance tous les deux vers la dernière rame, il va au fond du wagon et se met à « ma » place… une minute plus tard je sors, il regarde ailleurs…Le rituel est accompli.
Entamé la lecture de « Morvern Callar », d’Alan Warner, une belle découverte, même s’il n’a pas du tout le même style, Warner me rappelle Salinger. Faudrait que j’arrête d’acheter compulsivement des bouquins à tout va. Je les entasse dans les non lus, et de temps en temps je puise comme dans un trésor, j’adore ça ! J’en ai partout, dans et sur ma table de nuit, sur la table de la salle à manger, dans le bureau, dans le tiroir de mon bureau (notamment « La religion de Ratés » de Nick Tosches, je me le réserve pour les grands jours), pas encore dans la toilette, ni dans la salle de bain, mais ça ne saurait tarder… Faudra que je m’interdise l’entrée de chez Libris pendant quelques temps, sous peine de ne plus savoir où les ranger…
On est assis là, pendant huit longues minutes, je fantasme, je me vois lui donnant l’adresse de ce site, ce serait facile, rien à dire, juste un petit papier à pousser vers lui et il saurait tout. Puis, je me demande si il se passe la même chose dans sa tête ou si c’est juste moi qui me monte le ciboulot toute seule ? Je souris, je ne peux pas m’en empêcher, de temps en temps, je jette un regard vers lui, lui aussi mais pas en même temps, je le sens ! Le métro débouche et on avance tous les deux vers la dernière rame, il va au fond du wagon et se met à « ma » place… une minute plus tard je sors, il regarde ailleurs…Le rituel est accompli.
Entamé la lecture de « Morvern Callar », d’Alan Warner, une belle découverte, même s’il n’a pas du tout le même style, Warner me rappelle Salinger. Faudrait que j’arrête d’acheter compulsivement des bouquins à tout va. Je les entasse dans les non lus, et de temps en temps je puise comme dans un trésor, j’adore ça ! J’en ai partout, dans et sur ma table de nuit, sur la table de la salle à manger, dans le bureau, dans le tiroir de mon bureau (notamment « La religion de Ratés » de Nick Tosches, je me le réserve pour les grands jours), pas encore dans la toilette, ni dans la salle de bain, mais ça ne saurait tarder… Faudra que je m’interdise l’entrée de chez Libris pendant quelques temps, sous peine de ne plus savoir où les ranger…
mardi, juillet 01, 2003
J’imagine le cosmos ou l’inconscient collectif comme un gros magma (type matmos dans Barbarella). Une chose dans laquelle il est possible de puiser, encore faut-il trouver le moyen de le faire.
Parfois, j’y arrive, mais je ne parviens pas à reproduire l’expérience de façon volontaire. Elle se déclenche par hasard, augmentant tous les niveaux de perceptions et de conscience, en fonction d’un mot, d’une lecture spécifique, d’une phrase, d’une image ou encore d’une musique. Probablement aussi, les hormones.
Il m’arrive alors de me demander si tout cela est chimique, l’osmose de certaines cellules provoque-t-elle le bonheur? Après tout, on fabrique des endorphines, de l’adrénaline, ou de la mélatonine, rien de spirituel la dedans, juste une accélération de production. Si c’est spirituel, c’est tout aussi immatériel. Pas d’explication logique, pourtant nous sommes faits d’un tas de pensées impalpables, ce n’est pas pour ça qu’elles existent ou n'existent pas. Imaginer que la pensée produite soit purement chimique, est presque inadmissible pour moi, pourtant…
Parfois, j’y arrive, mais je ne parviens pas à reproduire l’expérience de façon volontaire. Elle se déclenche par hasard, augmentant tous les niveaux de perceptions et de conscience, en fonction d’un mot, d’une lecture spécifique, d’une phrase, d’une image ou encore d’une musique. Probablement aussi, les hormones.
Il m’arrive alors de me demander si tout cela est chimique, l’osmose de certaines cellules provoque-t-elle le bonheur? Après tout, on fabrique des endorphines, de l’adrénaline, ou de la mélatonine, rien de spirituel la dedans, juste une accélération de production. Si c’est spirituel, c’est tout aussi immatériel. Pas d’explication logique, pourtant nous sommes faits d’un tas de pensées impalpables, ce n’est pas pour ça qu’elles existent ou n'existent pas. Imaginer que la pensée produite soit purement chimique, est presque inadmissible pour moi, pourtant…
Me suis réveillée emmêlée, sachant pas quel jour on était (j’écris érait, errait), en retard. Pas envie aujourd’hui, ça fait au moins une semaine que j’ai plus vu Playstation, et le corbeau n’est pas là, je ne savais pas que les corbeaux prenaient des vacances, y a des jours comme ça. J’allume une cigarette avec un briquet kitsch, ça passe le temps…Le temps alterne aussi vite que mon humeur.
temps qui n'est rien d'autre, le tien, le mien, celui qu'on veut nôtre. Oui, il m'arrive d'insérer dans le lecteur, un vieux Charles Aznavour, j'adore "Les Comédiens".
D’ailleurs ce temps, je l’ai, pour penser, écrire, me laisser aller ou me rattraper, le temps de gondoler ou de filer droit. Aujourd’hui, il est élastique, un moment c’est vite, et l’autre s’étire comme une flaque de pétrole sur la mer, reflet de mon angoisse, y a des jours comme ça… Je viens d’identifier la boule dans l’estomac, elle grandit avec le gris du ciel, j’arrive pas à maîtriser, j’ai un sale pressentiment, une aura de danger qui plane, je la sens comme si elle était palpable, gluante, je voudrais être bien dans mon corps, mais il me renvoie à mon coeur, mal à l’aise…J’aimerais être Scarlett O’Hara et me dire : « But after all, tomorrow is another day ! ».
temps qui n'est rien d'autre, le tien, le mien, celui qu'on veut nôtre. Oui, il m'arrive d'insérer dans le lecteur, un vieux Charles Aznavour, j'adore "Les Comédiens".
D’ailleurs ce temps, je l’ai, pour penser, écrire, me laisser aller ou me rattraper, le temps de gondoler ou de filer droit. Aujourd’hui, il est élastique, un moment c’est vite, et l’autre s’étire comme une flaque de pétrole sur la mer, reflet de mon angoisse, y a des jours comme ça… Je viens d’identifier la boule dans l’estomac, elle grandit avec le gris du ciel, j’arrive pas à maîtriser, j’ai un sale pressentiment, une aura de danger qui plane, je la sens comme si elle était palpable, gluante, je voudrais être bien dans mon corps, mais il me renvoie à mon coeur, mal à l’aise…J’aimerais être Scarlett O’Hara et me dire : « But after all, tomorrow is another day ! ».
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