vendredi, avril 11, 2003

Je vis seule
J’ai toujours vécu seule, depuis que je suis née je vis seule. Quand j’étais petite, je jouais toute seule, dans ma petite chambre construisant pierre à pierre, un petit univers perso. Bien sûr, j’avais envie de briller auprès des autres, alors je leur faisais du théâtre, je leur inventais des histoires et ils étaient ébahis. Etonnés mais jaloux, ça c’est certain! Ils m’en ont toujours voulu de ne pas avoir besoin d’eux.
Normal, ils étaient obligés de partager, avec un frère, une soeur, des cousins, un chien, que sais-je? Pendant que je pouvais tranquillement retourner à mon petit univers. De temps en temps Popeye me racontait des histoires de monstres qui me faisaient rire, il faisait ça tellement mal, que j’éclatais toujours de rire, parce qu’il essayait d’imiter le monstre. Les garçons me semblaient plus solitaires, donc forcément plus intéressants que les filles qui piaillaient sans arrêt, pour rien du tout, sans raison apparente, pour moi.
Ado, je vivais encore seule, je ne pouvais pas travailler en équipe, ni jouer dans une équipe, ni partager des idées ou des émotions. Conclusion on m’a mise en quarantaine… Si j’en souffrais? bien sur que j’en souffrais et évidemment je n’en parlais à personne. Jusqu’à ce qu’une fille s’intéresse à moi et essaie de me faire rire, elle me faisait du bien, sans savoir qu’elle remplaçait Popeye et le monstre qui fait rire. Alors j’ai essayé de m’intégrer, de parler, de comprendre ce que voulaient les autres, mais je passais par des périodes glauques et existentielles façon Sartre.
A vingt ans, j’ai vécu une histoire d’amour qui a duré deux ans, et puis je me suis retrouvée seule, vraiment seule pour la première fois. Plus de monstres, et Popeye était loin, en Italie.
J’ai reconstruis ma solitude pierre à pierre, me recréant un petit univers perso. Les autres profitaient de moi, me foulaient au pied, se moquaient de cette solitude qui me déchirait le coeur. Et puis cette solitude que j’avais toujours connue, m’a donné une force incroyable, l’énergie de me lever, de les jeter, de les écraser, ces autres qui n’ont plus profité longtemps. Quand ils arrivaient chez moi pour vider mon frigo, je leur disais: “toi tu sors, j’ai assez vu ta tronche, tire–toi!”. Je tirais ma force de leur regard choqué, étonné par mes propos incongrus, oui, j’avais bouffé du lion. Je suis souvent retournée voir Popeye, qui vivait seul de son côté.
En fait toute ma vie est construite sur la solitude, pour moi elle est salvatrice, pourvoyeuse d’énergie, elle ne l’a pas toujours été, j’ai du apprendre à vivre avec elle, à la tenir dans mes bras , à lui montrer mes larmes et mon amertume…
Comment pourrais-je, maintenant que je suis à mi-chemin, faire un retour en arrière et apprendre à vivre sans elle, alors qu’elle m’est aussi nécessaire que la nourriture que j’ingurgite. Elle ne m’empêche ni de vivre, ni d’aimer, elle me permet de voir un tas de choses que les autres ne voient pas ou n’ont pas le courage de regarder en face.

Je viens de faire des recherches sur le web, mot clés, Active Auroral, et j’atterris directement sur le programme HAARP. Suis aux premières loges pour savoir de quoi il s’agit et j’ai fait des recherches dans le Journal de la Commission. Voilà un petit projet foutrement dangereux !
Quel est le lien entre Monsieur Ward et le Haarp, travaille-t-il pour eux ou contre eux ? ou est-il en cheville avec une ONG ?

jeudi, avril 10, 2003

Ce matin quand je me suis levée, j’ai trouvé un petit-déjeuner tout prêt sur la table, café, toasts, œuf à la coque et jus d’orange… Quel bonheur !
Puis Homme m’a conduit à la gare où, lorsque je suis descendue sur le quai, un petit jeune mignon me regardait avec un air émerveillé, souriant béatement (ça fait du bien d’être vue), il est même venu s’asseoir à côté de moi, pendant que je lisais mon Wilson… Passage intéressant: « Et si la nécropole de Gizeh et, plus particulièrement la Grande Pyramide, avec ses conduits, formaient une sorte de balise temporelle, une sorte d’horloge astronomique, pour marquer les époques d’Osiris, et plus spécialement son Premier Temps ? ».
La position du sphinx et des pyramides est l’exacte réplique (en miroir) de la constellation d’Orion (en 10.450 avant JC), le Nil représentant la voie lactée…

Quand je suis descendue à la station Delta, le beau blond, que je n’avais plus vu depuis des jours, était là. Il devient de plus en plus audacieux, se rapproche et me regarde dans les yeux, sur sa veste, il a les quatre symboles Playstation, ça me fait marrer ça !
Si on me voit c’est que je suis lumineuse, et si je suis lumineuse c’est d’abord à cause du regard de mon Homme, le petit déjeuner, la conversation, enfin douce et calme, la perspective d’un nouveau chapitre, le sentiment d’accomplissement aussi…

J’ai décidé d’appeler le mystérieux M. Ward, enfin d’essayer de savoir à qui j’ai affaire. Je forme le numéro, j’attends, trois sonneries, quatre…On décroche et une voix féminine annonce : « Active Auroral Association, good morning ! ». Je raccroche.

mercredi, avril 09, 2003

Suis retournée à la cafeteria, coin des fumeurs, ma copine lectrice était là. Aujourd’hui j’ai vu le titre du livre qu’elle lisait ‘Maura’s Game ». J’ai mangé, sorti mon « Archéologie Interdite » et je l’ai accompagné dans sa lecture, juste près de la fenêtre, dans un rayon de soleil bienfaisant.

J’ai vu C., de loin, coincé dans une réunion, comme les bureaux sont des cages de verre, tout le monde voit tout le monde, il m’a fait un grand signe… C’est fou ! à peu près toutes les secrétaires qui courent dans les couloirs labyrinthiques de cette Institution, ont un diplôme universitaire, histoire, journalisme, philo, philologie romane etc…. les femmes seraient-elles sous-employées ou est-ce inhérent à cet endroit ?

mardi, avril 08, 2003

Incroyable comme il est possible de voir un tas de gens, de les voir vraiment, de les analyser, de les comprendre sans qu’ils s’en aperçoivent, de les consommer sans qu’ils le notent et puis finalement, de ne rencontrer personne, d’avoir juste le sentiment de les avoir effleuré. Certains sentent de façon animale, que quelque chose se passe, mais ils ne savent pas quoi. Ce ne sont que des intentions, des regards, des faux-semblants, rien n’est dit, tout est entendu… Est-ce que c’est moi qui rêve, ou est-ce la réalité? Une chose est certaine, moi , je le vis…
Homme est disparate, il écoute Sid Vicious qui dit : “Never trust a hippie” , et puis il pointe son doigt vers moi en disant : “you killed Bambi!”. J’ai jamais tué Bambi moi!
On a commencé avec : “I see a red door and I want to paint it black”, on a enchaîné avec : Please to meet yaaaaa… et puis, et puis, il est temps !!!! temps de revenir au point exact où tout a commencé, quand ça fait du bien. C’est quand encore, que ça fait du bien???

lundi, avril 07, 2003

Voilà environ quinze ans que je cherche la version française de « The Outsider » (en français « L’Homme en Dehors »), le livre clé de Colin Wilson.
Avant hier, j’ai reçu un message de Châpitre.com, ils l’ont trouvé, je l’ai acheté… Je l’attends maintenant avec impatience, d’autant qu’il n’a jamais été réédité.

Je me demande si je suis une rebelle ? pour moi, la vraie rébellion se passe dans le cœur et dans l’âme, dans un mode de pensée, dans la vision que l’on a des choses. Je suis en mutation…